MADAME MIRAGE T1 : ECRAN DE FUMéE
Etats-Unis - 2007
Image de « Madame Mirage T1 : Ecran de fumée »
Dessinateur : Kenneth Rocafort
Scenariste : Paul Dini
Nombre de pages : 144 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 17 juin 2009
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Madame Mirage T1 : Ecran de fumée »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Dans un futur proche, où les organisations terroristes proposent librement leurs services aux nations, plus aucun contrôle n'est désormais possible sur les trafics commerciaux et humains. Corruption des politiques, détournement de fond, assassinats des opposants... Une seule force semble capable de faire pression sur ce monde où le cynisme est devenu roi : un fantôme appelé Madame Mirage.
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L'amour rend aveugle

Comme si la BD américaine ne contenait pas encore assez de superbes donzelles aimant à étaler négligemment leur plastique improbable sur des doubles pages pleines de chair, voilà que Paul Dini et Kenneth Rocafort donnent naissance à une nouvelle héroïne à la robe dangereusement échancrée.

 

Pour tous ceux qui aiment l'univers des super-héros et en particulier leurs aspects les plus matures, presque nostalgiques, Paul Dini fait figure de prophète. Aujourd'hui scénariste de comics (Batman Streets of Gotham), consultant sur Lost et plume guest star du très attendu jeu vidéo Batman Arkham Asylum, il fut avec son camarade Bruce Timm l'instigateur de séries comme Batman (créant au passage l'hilarante Harley Queen), Superman, La Ligue de Justice ou Batman Beyond. Des feuilletons animés qui, avec leur respect immodéré pour le matériau original, ouvraient la porte à une vision profonde et adulte du petit monde des encapés. Dini s'est fait relativement discret depuis, et chacun de ses nouveau travaux est attendu le sourire aux lèvres. Une attente sans-doute surdimensionnée qui peut jouer en défaveur de certaines de ses œuvres. A l'image de sa minisérie Madame Mirage, déclaration d'amour croisée à sa femme (la magicienne Misty Lee qui sert d'inspiration au rôle titre) et aux héros des années 30. The Shadow en particulier, auquel la plantureuse donzelle emprunte non pas son opulente poitrine (deux obus dignes de Russ Meyer) mais son intangibilité. Un petit côté femme fatale, beaucoup d'esthétique pulp et surtout une grosse dose d'action pour un récit de vengeance direct et expéditif, qui s'achève pleinement en six petits numéros et donc un seul volume pour l'édition française.

 

Frou-frou

 

Cet aspect compact, presque compressé façon César, permet certes d'embrasser l'histoire d'une traite, d'enchaîner les surprises et les révélations, mais entraîne également un survol forcé au-delà du physique avantageux des deux donzelles, dont la jolie Harper est loin d'être la moins charmante, ni la moins intrigante. Deux portraits féminins au-delà du duo habituel de la belle et le cerveau, face auxquelles les bad guys de service (d'anciens vilains s'étant enfin débarrassés des mecs en slips) ont bien du mal à prendre de l'étoffe. De ce côté-là, la tendance pin-up de Kenneth Rocafort (The Core, Hunter Killer) n'y est sans doute pas pour rien. Très proche de son ancien mentor Marc Silvestri (The Darkness) dans sa propension à se concentrer sur les poses (ultra) sexy et héroïques au détriment d'une certaine dramatisation, Rocafort recherche la belle image (ses couleurs sont, il faut l'avouer, absolument superbes) et perd parfois dans ses effets et son sur-découpage une certaine clarté. Très fun, agréable à l'œil, parfois conté à coup de massue, Madame Mirage est un blockbuster sensuel et décomplexé... mais on en attendait tout de même plus d'un album de Paul Dini.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

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