ULTIMATE SPIDER-MAN T.1: POUVOIRS ET RESPONSABILITéS
Ultimate Spider-Man 1-13 - Etats-Unis - 2000/2001
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Dessinateur : Mark Bagley
Nombre de pages : 344 pages
Distributeur : Panini Comics
Date de sortie : 14 mai 2014
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Suite au meurtre de son oncle et à l'apparition de ses incroyables facultés, Peter Parker comprend qu'un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ! Dans ces treize épisodes, vous allez découvrir les premières aventures du héros qui l'opposent au Bouffon Vert et au chef du crime organisé de New York, le Caïd !
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On se fait une toile ?

En rupture de stock depuis trop longtemps déjà, le premier volume de l'édition Deluxe d'Ultimate Spider-man est enfin de nouveau disponible chez Panini. Alors que depuis l'univers Ultimate bat de l'aile et que la vie de l'homme-araignée a connu quelques révolutions, redécouvrir ces premières aventures a le goût sucré d'une douce madeleine.

Au tout début des années 2000, les comics sont à un tournant, les ventes commençant à peine à se remettre des chiffres catastrophiques des 90's, et Hollywood se montre de plus en plus enclin à mettre en branle de nouvelles adaptations de super-héros au cinéma. Le moment idéal pour Marvel, alors que le premier Spider-man de Sam Raimi est en pré-production de tenter de draguer de nouveaux lecteurs, souvent refroidis par la complexité de la continuité engrangée des décennies durant. Dans ces cas là, DC explose le tout avec une Crisis, Marvel optera pour la création d'un tout nouvel univers, l'Ultimate, dans lequel les équipes créatives auront tout loisir de réinventer les origines de quelques personnages mythiques dans un monde contemporain. Ultimates (en lieu de Vengeurs), Fantastic Four, X-Men seront de la partie, mais dès le départ c'est bien évidement Ultimate Spider-man qui est le titre le plus attendu. La raison est simple, dans l'inconscient collectif Peter Parker est l'eternel adolescent paumé qui doit jongler entre sa vie compliqué de lycéen, ses premiers amours et son statut de monte-en-l'air, alors que depuis longtemps dans la série classique il est devenu un adulte bien installé avec une Mary Jane plantureuse. Retour aux sources donc, retour à l'essence même du personnage surtout, dans lequel le duo Bill Jemas (alors Président de Marvel) et Brian Michael Bendis (qui n'était pas encore le pilier de la firme) ne cache pas son admiration pour le travail initial de Stan Lee et Steve Ditko. A tel point que les six premiers numéros ne sont finalement qu'une réinterprétation étoffée du fameux Amazing Adult Fantasy 15.

 

Ar-Acné


Un respect des traditions en somme, des grands traits de Spidey, mais aussi une modernisation exercée avec beaucoup de brio. Rajeuni, débutant, toujours un peu paumé, Peter Parker est aussi bien plus complexe qu'il ne l'a jamais été, développé avec beaucoup d'amour par les dialogues « vrais » de Bendis, qui justement prend un malin plaisir à reculer le décès de l'Oncle Ben, pour prendre le temps de souligner ses erreurs de jeunesse, ses pulsions pubères et ainsi donc donner plus de corps au fameux tournant de sa vie. Parfaitement construit, avec en parallèle la naissance d'un Bouffon vert imposant, ce premier run servira clairement de modèle aux futures aventures cinématographiques, avec beaucoup de justesse chez Raimi (qui reste très attaché à la version « âge d'or) et de cliché chez Mark Web. Reprenant entièrement les commandes du bébé à partir du 7ème épisode, Bendis va tout aussi intelligemment accélérer les choses, donnant la dernière impulsion au décollage de ce nouveau Spider-man : petit héros encore au stade de légende urbaine et se cherchant une mission, ce dernier va s'attaquer directement au Caïd, et rencontrer ses premiers échecs. La réussite évidente dans ce premier volume, est alors justement celle d'avoir retrouvé toute la fraicheur du titre, l'aspect quête initiatique, sans jamais perdre de vue un monde plus sombre, plus dangereux (en tout cas sur papier) que les années 60. L'autre réussite est celle d'imposer en quelques 200 pages le couple touchant et pétillant qu'il forme avec une Mary Jane toujours aussi rousse, mais moins potiche allumeuse avec, entre autres, un 13ème épisode clôturant l'ensemble sur une belle note d'humour et un échange entre les deux tourtereaux qui enterre toute les comédies romantique teenage de ces dernières années. Si on aime vraiment Spider-man, il est impossible de résister à Pouvoirs et responsabilités, véritable condensé des débuts hauts en couleurs de la figure de proue Marvel. Imparable, surtout que l'ensemble (et ce jusqu'au numéro 111 !) est illustré avec beaucoup d'efficacité par un Mark Bagley (Brilliant, Trinity) énergique et dynamique, presque juvénile et donc idéal, même si la colorisation trop tranchée et des visages parfois trop 90's feront préférer aux connaisseurs la reprise par Stuart Immonen. Peu importe, sans jamais faire de l'ombre aux épisodes originaux, voir même en leur offrant une nouvelle lumière, cette version des premières aventures de Spider-man réussit largement à s'imposer comme un nouveau classique indémodable.

Nathanaël Bouton-Drouard




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