DOGGYBAGS VOL.6: HEARTBREAKER
France - 2014
Image de « Doggybags Vol.6: Heartbreaker »
Scenariste : Run, Céline Tran
Nombre de pages : 96 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 13 juin 2014
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Doggybags Vol.6: Heartbreaker »
portoflio
LE PITCH
Los Angeles, de nos jours. Après une rupture sentimentale difficile, Celyna, une jeune étudiante ingénue, rencontre en boîte de nuit un charmant jeune homme qui la convainc de tourner dans un film pornographique. Ce qui devait être une expérience ludique et salvatrice se transforme en véritable cauchemar quand, sur le plateau, elle est agressée, mordue jusqu’au sang et laissée pour morte par un groupe d'hommes à l'allure surnaturelle. Les jours suivant le tournage de ce qui semblait ...
Partagez sur :
Trash business

Tout juste deux mois après le volume 5, la charge gorrifique d'Ankama, Doggybags revient pour une nouvelle fournée. Mais attention cette fois les trois épisodes sont entièrement dévoués à une unique et mortelle créature : Heartbreaker, chasseuse de vampire sexy et ténébreuse.

Run l'avait mis en avant dès le premier volume, la revue BD Doggybags se devait être un terrain d'expérimentations libres et peu ragoutantes où s'étaleraient les talents communicatifs d'illustrateurs et de scénaristes jeunes et variés, tous amoureux des classiques de l'horreur, des films d'exploitation plus ou moins avouables et d'une même volonté de moderniser à nouveaux la BD française. Un pari largement réussi qui a abouti à quelques révélations et quelques chapitres carrément bluffants, mais qui semble trouver un souffle nouveau avec la sortie de ce mois de juin 2014. Pas question ici de trois récits disparates, mais bel et bien de l'introduction en trois chapitres d'une nouvelle héroïne charismatique et sanguinaire qui répond au doux nom d'Heartbreaker. Une version féminine de Blade (la ressemblance avec les deux premiers films est évidente), aux courbes fines mais aux lames acérées et aux crocs bien pointus qui poursuit ses frères sepulkres (des vampires quoi) dans un Los Angeles aussi moites sous le soleil que dans les studios dissimulés où de pauvres jeunes filles un peu rêveuse se retrouvent forcées de participer à des gang bang snuff.

 

Je prendrais bien une douche


On est jamais très loin des petites péripéties de la plantureuse Masiko (dans Doggybags 1 & 3), mêlant d'une façon proche gore, arts-martiaux et sexe, mais avec cette fois-ci un regard inédit, celui de Céline Tran. Anciennement connue sous le pseudonyme de Katsuni, l'actrice « spécialisée » dont tout le monde « a entendu parler mais n'a jamais vu un seul de ses films » apporte justement à l'atmosphère sordide d'Heartbreaker sa vision personnelle du milieu du porno (vampires / hardeur même combats ?), toujours développée dans quelques apartés en introduction. En collaboration avec le master chief, Run, la scénariste réussit à développer dans ces poignées de pages un véritable univers cohérents, référencés mais maitrisés, s'octroyant même quelques giclées bien corsées, à l'image du dernier chapitre revisitant avec sauvagerie un fait divers lamentable et affirmant sa vision féministe du genre... Ou en tout cas aussi féministe que peut l'être un rape & revenge. Un chouette programme baigné d'hémoglobine, de tripes, de mâles en ruts et de jolies filles aussi malmenées que dans un gonzo, dans lequel s'éclatent littéralement les illustrateurs invités avec l'habitué et underground Singelin (The Grocery), l'indispensable Florent Maudoux (Freaks' Squeele) et le nouveau venu, mais incroyablement talentueux, Jérémie Gasparutto (tout juste croisé sur Doggybags 3), apposant à chaque fois leur patte graphique au projet, jubilants dans les décadrages et les mises en pages aiguisées. Aucun doute une fois la petite centaine de page achevée : une vraie héroïne grindhouse est née et on veut la suite !

Nathanaël Bouton-Drouard


Partagez sur :

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020