DOGGYBAGS T.5
France - 2014
Image de « Doggybags T.5 »
Dessinateur : Neyef, Tomeus, Kartinka
Nombre de pages : 112 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 25 avril 2014
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Doggybags T.5 »
portoflio
LE PITCH
3 histoires, 3 tueries ! "Death of a Nation": Venez tous au Patriot Park, toute la famille peut venir s'éclater à vider des chargeurs dans les reconstitutions impressionnantes de ce parc d'attractions hors-norme. "Rampage": Quand Shawn Nelson, ancien militaire addict à la meth, se rend compte que le puits qu'il creuse depuis des mois dans son jardin ne contient ni or ni dragon, le retour à la réalité est terrible. "Trapped": Quand un crocodile géant albinos règne en maître dans les é...
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Bienvenue dans le cauchemar américain

Et de cinq ! L'anthologie sévèrement burnée du label 619 des éditions Ankama est de retour, pour trois nouvelles histoires chargées en hémoglobine, en salles tronches et en délires grindhouse qui foutent la patate. Et ça fait toujours autant plaisir !

Les DoggyBags se suivent, et ne se ressemblent heureusement pas, enchaînant les genres et les auteurs avec un bonheur évident. Après l'excellent one-shot de Neyef, DoggyBags présente : South Central Stories, et ses homies ultra-violents, voici donc un nouvel recueil de trois histoires de pure exploitation, entre horreur, cynisme et délire méchamment opiacé. Autant le dire d'entrée de jeu, ce cinquième tome n'est pas tout à fait à la hauteur des sublimes volumes 1, 2 et 4, l'un des récits ici présentés étant clairement plus faible que les autres. Mais bon, on chipote un peu, l'esprit frondeur de la série étant bien présent. On attaque le volume avec le jouissif Trapped, qui réjouira les amateurs de séries B où traînent de grosses bêtes agressives. Basé sur la légende urbaine des alligators géants hantant les égouts des mégapoles américaines, ce survival bourrin et ultra-dynamique des newbies El Puerto (au scénario) et Tomeus (aux dessins) confrontent deux frangins braqueurs de banques à un gigantesque et indestructible saurien albinos, nourri depuis de nombreuses années par un shérif de la police de Miami. Dialogues orduriers, personnages détestables, mises à mort gorasses et visions dantesques (l'apparition du monstre, le « trip » avec le bouc noir), voilà pour le menu réjouissant de ce pur concentré de bis décomplexé. Bref, ça fait du bien par où ça passe !

 

American way of death


Passé cet impeccable mise en bouche, la seconde histoire change totalement de ton, pour nous conter, l'histoire édifiante - et vraie ! - du déjanté Shawn Nelson et de sa folle course en char d'assaut. Aurélien Ducoudray, scénariste de la série The Grocery, et le homie Neyef nous embarquent donc dans le cerveau démangé du sieur Nelson, marginal shooté à la méthamphétamine et persuadé qu'un trésor gardé par un dragon est enterré dans son jardin. Simple et direct, le scénario de Ducoudray mêle la légende de St Georges (qui terrassa le dragon) à l'histoire de ce pauvre type malmené par la vie et qui finira abattu par la police après avoir « emprunté » un tank à la garde nationale, en prise à de méchantes hallucinations le voyant poursuivi par un dragon très « smaugien ». Avec son style si particulier, dynamique et enfiévré, Neyef illustre ce D.O.A. Rampage, fable édifiante sur les laissés pour compte du Rêve américain, qui laissera le lecteur épuisé par un tel jusqu'auboutisme. Méchamment barré de la carafe, donc hautement réjouissant ! Forcément, après deux histoires aussi fortes, le gentillet Death of a nation (écrit par Ducoudray et Run, le big boss de DoggyBags) fait un peu peine, malgré toute la bonne volonté du très bon dessinateur, le tout jeune Kartinka. Un parc d'attraction extrême qui propose de se défouler en dégommant du zombie, des attractions basées sur les évènements traumatisants de l'histoire des États-Unis (l'assassinat de JFK, le 11 septembre, le Vietnam...), un employé jaloux et revanchard, des morts-vivants assoiffés de chair fraîche, et au bout de la route, la fin d'une nation... Pas déplaisant, et plutôt bien écrit, le récit souffre surtout d'un manque total d'originalité dans son déroulement. Rien de consternant, donc, pour cette histoire qui finit le volume dans les tripes et l'apocalypse zombiesque. Comme on dit, vivement la prochaine fournée de bidoche !

Frédéric Wullschleger






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