RACHEL RISING T.1: DANS L’OMBRE DE LA MORT
Rachel Rising: Shadow of death - Etats-Unis - 2012
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Dessinateur : Terry Moore
Scenariste : Terry Moore
Nombre de pages : 128 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 16 avril 2014
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
C'est l'aube, froide et blafarde. Rachel se réveille dans les bois. Elle s'extirpe d'une tombe creusée à même le sol, couverte de boue et de saleté. Elle rentre chez elle, mais repart à la recherche de sa meilleure amie, pour tirer au clair ce qui s'est passé la veille. Sauf qu'elle a un trou noir de trois jours. Et personne ne semble réellement la reconnaître. Fait-elle toujours partie des vivants ?
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La Mort lui va si bien

Créateur du sublime Strangers in Paradise et du thriller super-héroique Echo, Terry Moore revient avec sa troisième série personnelle, Rachel Rising, drame horrifique auquel les producteurs télé font déjà les yeux doux.

Si l'on peut toujours le croiser au détour d'une grosse série de Marvel (Runaways) ou DC (Fables), Terry Moore n'en reste pas moins un auteur irrémédiablement attaché à son statut de créateur indépendant. Montrant qu'un artiste peut rencontrer plus qu'un simple succès d'estime tout en s'auto-éditant, via sa société Abstract Studio, depuis les réussites, artistiques et commerciales, de ses deux premières séries. Et si déjà avec ce dernier, Moore avait dévié de la trajectoire que les lecteurs lui réservaient, imaginant que le bonhomme resterait toujours attaché au même type de feuilleton dramatique et comique, en explorant les rives de la SF, le voici qui désormais s'intéresse au genre horrifique. Pourtant, si l'on y réfléchit, un scénariste autant attaché à la figure féminine ne pouvait que se glisser un jour dans ce domaine, tant la confrontation entre la beauté et la fausse fragilité de ses femmes, et la conceptualisation de la mort (fatalité, décrépitude...) raisonne comme une évidence. D'ailleurs, comme son nom l'indique, Rachel Rising s'ouvre bel et bien sur une résurrection, celle de l'héroïne donc, se frayant un chemin à travers la terre de son tombeau pour « renaître » changée, revenante plus que morte-vivante, qui va se révéler rapidement seulement l'un des nombreux mystères que nous réserve ce comics.

 

Season of the witch


Rachel est brillamment écrite, ses relations attachantes avec sa meilleure amie et une tantine fan d'Elvis un peu camionneuse, constamment crédible, et ce n'est que la première porte qui mène vers une chronique étonnante où le fantastique le plus abrupte, le plus inquiétant, va envahir une petite ville paumée. Il y a forcément du Stephen King là-dedans, dans cette exploration de l'Amérique dîtes profonde, mais aussi dans la manière de faire jaillir les détails les plus intimement angoissants (Rachel qui vomit un bout de corde avec laquelle elle aurait été assassinée), les séquences les plus terrifiantes (la petite fille qui massacre sa baby-sitter) ou les planches presque grotesques (une autre morte-vivante qui cache un serpent dans la gorge), toujours là où on ne les attend pas et avec un naturel désarmant qui plus est. Rachel Rising est une réussite immédiate, alpaguant le lecteur par son traitement de l'émotion, par ses dialogues toujours fins et justes, ainsi que par son illustration d'une sorcellerie omniprésente. Travaillant toujours ses pages avec un noir et blanc simple, tranché, Terry Moore affiche encore une fois des illustrations délicates, expressives et admirablement construites (souvent même sans texte), mais aussi un sens de l'horreur graphique, de l'étrange, qu'on ne lui soupçonnait même pas. Rien ne lui résiste.

Nathanaël Bouton-Drouard


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