EMPEREUR JOKER
Superman: Emperor Joker - Etats-Unis - 2000
Image de « Empereur Joker »
Nombre de pages : 264 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 21 février 2014
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Empereur Joker »
portoflio
LE PITCH
D’une manière ou d’une autre, l’ennemi légendaire de Batman, le Joker, a reçu le pouvoir de refaçonner la réalité selon ses propres délires mégalomanes. Le monde vit désormais au rythme du chaos et la mort. Superman est connu de tous comme étant le plus dangereux de tous les criminels, récemment échappé de l’asile d’Arkham, et Bizarro, le seul héros capable de l’arrêter. Armé de sa seule volonté de fer, l’Homme d’Acier parviendra-t-il a mettre fin au règne de l...
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Un monde fou fou fou !

C'est de l'inédit de taille que nous propose Urban Comics, avec la sortie en volume de la saga Empereur Joker. Bienvenue dans l'univers doux, dur et dingue, surtout dingue, de l'homme qui rit !

Il y a des récits qui défient toute logique, s'échappent de toute continuité embarrassante, se défient de tous les codes du genre, pour mieux faire exploser les carcans et ravir leur lectorat. Empereur Joker est de ces récits. Mieux, même, il va jusqu'à pousser les limites de ce type d'exercices ludiques dans leurs ultimes retranchements. Jusqu'au délire total. Mais il faut dire, aussi, avec un Joker omnipotent/omniprésent, difficile de rester rationnel bien longtemps ! Depuis presque un an qu'il écrit les aventures de l'Homme d'Acier, Jeph Loeb a surtout mis en scène l'univers habituel du héros, que ce soit dans le choix des méchants (Mongul, Luthor, Metallo...) ou des alliés utilisés. En accord avec les équipes des séries parallèles consacrées à Superman, il se décide à pousser le bouchon un peu plus loin, avec ce qui va aboutir à cette délirante et cartoonesque saga en 9 épisodes. Il faut dire que l'intrigue commence in medias res, avec un Superman en costume noir s'évadant de l'asile d'Arkham, et aussitôt pris en chasse par Bizarro, leader d'une JLA (pour Joker League of Anarchy) des plus... étranges. C'est là toute la géniale idée de Loeb qui, grandement aidé par le dessin tout en rondeurs et exagération iconique de Ed McGuinness, fait de ses premiers chapitre une parfaite note d'intention : il y a bien quelque chose de pourri au royaume des supers-héros DC...

 

Dans tous les sens


Passée cette (sublime) mise en bouche, le récit embraie sans temps mort, revisitant avec une jubilation de sale gosse quelques images importantes de l'univers de Superman. Relayant les idées de départ de Loeb, les scénaristes et les dessinateurs qui suivent vont chacun se lâcher comme rarement, dans une suite sans fin de situations absurdes (Jimmy Olsen le Gigantesque Turtle Boy !), cartoonesques (les nombreuses morts de M. Mxyzptlk), terrifiantes (la Terre remodelée), jusqu'à ce que la révélation du pourquoi du comment ne vienne apporter un soupçon de répit à un récit, il faut bien le dire, assez épuisant. Car en dévoilant un Joker tout puissant, capable de refaçonner la réalité à sa convenance après avoir voler les pouvoirs du nain Mxyzptlk, Loeb et ses complices font basculer le récit dans la folie la plus total. De comique, l'intrigue devient carrément cosmique (le Spectre et ses acolytes divins sont de la partie), tous les personnages s'échinant à empêcher le psychopathe de détruire l'univers, parmi d'autres lubies dévastatrices. Entre les versions altérées des personnages, les gags visuels hilarants, les jeux de mots idiots, la cruauté déstabilisante du sort de Batman et les idées narratives frappadingues (dont un superbe film en noir et blanc, produit et réalisé par le Joker lui-même), on peut dire qu'Empereur Joker ne ménage ni ses protagonistes, ni ses lecteurs (ni ses auteurs, parfois apostrophés par le tyran !). C'est bien la moindre des qualités de ce volume fun, fou et beau. À l'image de son « héros », finalement...

Frédéric Wullschleger


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