CHAPEAU MELON & BOTTES DE CUIR
The Avengers / Steed and Mrs. Peel - Etats-Unis / Royaume-Uni - 1990/1992
Image de « Chapeau Melon & Bottes de cuir  »
Dessinateur : Ian Gibson
Nombre de pages : 148 pages
Distributeur : Soleil
Date de sortie : 21 août 2013
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Chapeau Melon & Bottes de cuir  »
portoflio
LE PITCH
John Steed s’associe à Emma Peel pour enquêter sur la disparition de sa nouvelle partenaire, Tara King. Une mission qui les fera rencontrer une société secrète obsédée par les jeux...
Partagez sur :
Revengés

Totalement disparu des radars depuis l'adaptation cinéma bazardée mais pourtant assez honorable, The Avengers, ou Chapeau Melon et bottes de cuir comme on les appelle sobrement en France, reviennent enfin ! Et peu importe si cela se fait par le biais d'une BD, Steed et ses drôles de dames résistent à tout.

Chef d'œuvre de la télévision, bijou d'humour et de folie anglaise, peu de séries peuvent se targuer de mériter autant le statut d'œuvre culte que Chapeaux Melon et bottes de cuir. Et comme toutes séries cultes britishs, le programme crée par Sydney Newman et Leonard White en 1961 (et largement réinventé les années suivantes), a connu au cours des années plusieurs adaptations en comics, strips et BDs. Parmi celles-ci, l'éditeur Soleil a bien entendu choisit de s'intéresser à ces quelques centaines de pages produites au Royaume-Uni par Eclipse Comics au début des années 90, puis colorisées par Boom aux USA. Heureusement, l'édition française reste bel et bien dans un noir et blanc simple et pure, renouant forcément avec l'esthétique dépouillée et étrange du show, soutenue ici par les illustrations inspirées de Ian Gibson, collaborateur de longue haleine sur Judge Dredd et sur le Ballad of Halo Jones d'Alan Moore. Un style très particulier qui, s'il ne cherche pas la ressemblance immédiate avec les acteurs, renoue efficacement avec l'atmosphère burlesque, étrange et presque cartoon, jamais très loin des voyages à la Lewis Carollvu dans les meilleurs épisodes du feuilleton des 60's.

 

impaire et passe


Un travail particulièrement appréciable, mais il faut le reconnaitre, d'autant plus efficace lorsque Grant Morrison écrit son Jeu d'or, intrigue délirante en quatre chapitres, qui retrouve tout l'esprit ludique des enquêtes du dynamic & sexy duo. Pas étonnant, le bonhomme s'était fendu il y a quelques années d'une préface vibrante d'amour sur la série dans un ouvrage édité en France par 8ème Art. En quelques lignes, le scénariste décrivait par le menu tout ce qui faisait le charme et l'intemporalité du programme... Des ingrédients entièrement réunis dans sa propre BD, où il fait se croiser plus durablement Tara King et Emma Peel qui se lancent dans quelques prises de karaté, alors que Steed joue du ciboulot au milieu d'une bande de fanas de jeux de société éliminés du plateau comme dans un Agatha Christie. Drôle (même si certains jeux de mots crispent un peu à la traduction), élégant et flegmatique, un vrai petit régal pour les vrais amateurs et qui étrangement remet presque en perspective certains de ses épisodes de Batman ou certaines sections psychédéliques de Les Invisibles. Intéressant et dans le ton en tous cas. On ne peut malheureusement pas en dire autant du court Arc-en-ciel Mortel, pourtant suite directe du dernier épisode avec Diana Rigg, signé par l'inconnue Anne Caulfield, qui pour le coup s'embarque dans un fantastique trop poussée, trop « gagesque » et surtout assez chaotique dans son déroulement. Même les dessins d'Ian Gibson semblent moins décontractés, perdus dans un petit fouillis de caricatures et d'inspirations Incas assez mal coordonnées. Dommage. Il n'empêche que l'album en présence, impeccablement relié sous une couverture dure et cartonnée « à l'ancienne » va surement en séduire plus d'un, nostalgiques du swinging London et de ses meilleurs rejetons.

Nathanaël Bouton-Drouard




Partagez sur :

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020