ALIEN, LE HUITIèME PASSAGER
Alien The Illustrated Story - Etats-Unis - 1979
Image de « Alien, Le Huitième passager »
Dessinateur : Walter Simonson
Scenariste : Archie Goodwin
Nombre de pages : 64 pages
Distributeur : Soleil
Date de sortie : 3 avril 2013
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Alien, Le Huitième passager »
portoflio
LE PITCH
Le vaisseau commercial Nostromo et son équipage, sept hommes et femmes, rentrent sur Terre avec une importante cargaison de minerai. Mais lors d'un arrêt forcé sur une planète déserte, l'officier Kane se fait agresser par une forme de vie inconnue, une arachnide qui étouffe son visage. Après que le docteur de bord lui retire le spécimen, l'équipage retrouve le sourire et dîne ensemble. Jusqu'à ce que Kane, pris de convulsions, voit son abdomen perforé par un corps étranger vivant, q...
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Un cri

Jamais rééditée depuis sa première publication et bloquée aux USA pour des questions de droits, l'adaptation officielle du premier Alien revient en Europe sous la forme d'un bel album, entièrement restauré. Mais à l'heure des DVD et Blu-ray, les fans en ont-ils encore vraiment besoin ?

 

Pas si fréquentes que cela encore en 1979, mais les adaptations de films en comics commençaient tout de même à devenir un passage obligé, en particulier pour les space opera ou les longs métrages s'apparentant à de la SF. Devant le succès de bouquins comme Star Wars, Rencontre du troisième type, La Planète des singes ou, beaucoup plus loin, l'immense 2001 L'Odyssée de l'espace par Jack Kirby (à quand une réédition ?), les maisons d'édition guettaient fébrilement le moindre projet un tant soit peu enthousiasmant. Mais ce ne sont pourtant ni Marvel, ni DC qui ont senti le potentiel du futur film de Ridley Scott, mais bien les responsables de la revue Heavy Metal qui vont en proposer leur vision en deux chapitres quasiment en simultané avec la sortie sur grand écran. Un exercice hasardeux, mais qui profite d'une totale collaboration de la 20th Century Fox laissant libre accès à l'intégralité du scénario, au story-board complet du cinéaste anglais et aux photos de production, permettant ainsi au grand Archie Goodwin (grand collaborateur de Creepy et futur créateur de la gamme adulte de Marvel), de concocter un script remanié, plus compressé, mais particulièrement solide dans lequel on reconnait parfaitement la rudesse de certains dialogues, mais comportant aussi quelques séquences coupées au montage. Un véritable trésor pour les lecteurs de la fin des années 70, qui ne pouvaient revoir immédiatement le petit chef d'œuvre en vidéo, mais qui, à l'heure du Blu-ray et d'une version longue éditée pour le fameux box (incluant maladroitement ces fameuses séquences plus frontale) peut paraître un peu vain.

 

L'oeuf et la poule

 

Pourtant, si l'écriture est à peu de chose près la même, c'est forcément la présence de Walter Simonson (X-Factor, Robocop Vs Terminator) derrière la planche à dessins qui change la donne. Si la BD s'ouvre par un logo inédit, imposant et terriblement « à la Giger » c'est surtout sa manière de se réapproprier les designs law-techs qui séduit d'emblé. Plus bruts, plus crades, plus lourds, les couloirs du Nostromo bardés de teintes maronnasses, d'aplats noirs et de cadre fermés, relèvent presque de la décharge ambulante, version vérolée de l'estomac de la baleine. Là où Ridley Scott travail avec élégance un récit de maison fantôme moderne, Simonson expose un contraste massif entre l'oppression de « l'intérieur » et le vide de « l'extérieur », soulignant par là-même l'aspect organique de l'Alien, la nature de virus de la créature parasite. Entre ses jaillissements de couleurs mauves, ses giclées de verts baveux et les visages blafards (reconnaissables mais plus fatigués), l'illustrateur plonge ses bras dans une vision plus bis, plus exploitation et se conforte dans quelques séquences extrêmement gores (la mort de Brett, la « naissance » de la bestiole) s'étalant violement sur de superbes pleines pages criardes. Il faut reconnaitre que si parfois le choix de la palette de couleurs s'est prit un sacré coup de vieux, son travail sur l'atmosphère déliquescente et surtout son découpage nerveux et ample (le réveil de l'équipage, la découverte des œufs...) réservent de très grands moments de BD. C'est d'ailleurs la grande force de cet Alien The Illustrated Story, être non pas un copier-coller d'Alien mais bien un roman-graphic au look unique et à l'approche visuelle toute personnelle. Un classique à sa manière.

Nathanaël Bouton-Drouard






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