SUPERMAN ANTHOLOGIE
Etats-Unis - 1938/2012
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LE PITCH
15 récits mythiques du premier et du plus grand des super-héros retraçant sa carrière et les nombreuses périodes artistiques de son existence sur papier. De ses débuts en 1938 à sa recréation en 2012, ces épisodes pour la plupart inédits en album dévoilent toutes les facettes de l’Homme d’Acier, des plus fantastiques aux plus humaines.
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It's a bird ?

C'est le premier et le plus grand. Celui par qui tout à commencé et qui sert de modèle à ses compagnons. C'est aussi le plus moqué, celui dont on imagine avec peine qu'il cache sa double identité derrière les mêmes lunettes ou s'évertue à passer son slip rouge par-dessus ses collants. A travers 75 ans d'Histoire et 15 récits iconiques, cette anthologie lui redonne toute sa superbe, sans jamais oublier son optimisme indéfectible.


C'est d'ailleurs ce que lui reproche le plus souvent ses détracteurs, préférant l'anti-héros Batman et son univers psychotique, à celui lumineux et un brin naïf de Superman. C'est que si l'un trouve ses origines dans les romans pulps et les serials à suspens, la création de Joe Shuster et Jerry Siegel a immédiatement été pensée, tel un héros de strips de science-fiction, comme un modèle à suivre, une métaphore morale du monde de demain. Figure de proue de la nouvelle revue Action Comics, il est en 1938, dans un double récit extrêmement nerveux et dynamique, encore un personnage flou dans l'installation de ses origines et de ses pouvoirs (il ne vole pas, il bondit), mais s'impose immédiatement comme une figure pour tous. C'est un redresseur de tort pacifiste (il prend part à une guerre annonçant la future Guerre Mondiale), un modèle à suivre autant par les grands de ce monde, la justice (il s'attaque sans peur à la mafia et aux politiques corrompus), mais aussi à l'américain lambda en particulier lorsqu'il sauve une femme des poings de son maris. Finalement pas si proche qu'on le dit souvent des origines juives de ses auteurs, malgré le parallèle évident avec certaines figures bibliques, Superman est surtout un personnage qui se veut universel, plus mondial que patriote, un remplaçant signifiant des anciens demi-dieux de la mythologie anthique.

 

It's a plane ?


C'est en l'occurrence cette question de la place et du positionnement du héros que l'on va souvent retrouver au cours des récits présentés ici : le droit d'ingérence (Superman est-il nécessaire ? par Elliot S. Maggin, Curt Swan & Murphy Anderson), la passation possible de flambeau (l'hypothétique Lex Luthor, ce héros !), son importance politique bâtie à son corps défendant (L'Incident de David S. Goyer & Miguel Sepulveda), le regard des autres héros (Question de confiance magistralement illustré par Alex Ross)... Autant d'angles, d'approches, toujours confectionnées par des auteurs et des artistes de talents, qui ne cessent de rappeler la place centrale du personnage, point d'équilibre nécessaire à un medium qui passe son temps à basculer du divertissement familial à une relecture postmoderniste parfois extrêmement violente. Petit chef d'œuvre au milieu de ces pépites, le récit concocté par Joe Kelly et illustré conjointement par Doug Mahnke & Lee Bermejo (Action Comics #775) permet justement de le confronter à une nouvelle garde vindicative, reflet à peine déformé des politisés membres d'Authority. Le boy scout en prend pour son grade, se paye quelques années dans les dents, mais finit par montrer que son idéologie, certes utopique, garde toute sa superbe.

 

No. It's superman !

 

Il y a forcément des manques dans cette anthologie qui, plutôt que de piocher parmi les aventures les plus célèbres de Superman (pas de Whatever Happened to the Man of Tomorrow ? par Alan Moore et Gibbons, pas de Superman vs Mohammad Ali), préfère choisir celles qui reflètent le mieux ses évolutions à travers les années : la refonte progressive et régulière de ses origines, une science-fiction de plus en plus prégnante, des méchants qui passent du collant vert fluo à l'apparence de Terminator schizophrènes, Lois Lane qui découvre enfin sa véritable identité... Jusqu'au dernier reboot de 2012 qui, sous l'impulsion de Grant Morrison, officie autant un retour aux sources à un Kal-el plus impulsifs et à une vision moins déifiée. Une fresque éditoriale imposante, qui brasse forcément des épisodes plus ou moins réussis, plus ou moins brillants, mais qui résument justement à la perfection cette destinée hors du commun. A l'instar des précédentes Anthologie de l'éditeur, chaque aventure est bien entendu accompagnée d'un texte de contextualisation, d'une présentation des auteurs, mais aussi de documents inédits (en France) comme cette déclaration d'amour de Jerry Siegel à sa création, cette analyse brillante signée Ray Bradburry ou une lettre ouverte adorable de madame Lois Lane. Un pavé presque définitif en somme, qui tout comme la précédente DC Comics Anthologie complète le tout par un découpage motivé autours des grandes périodes éditoriales de la firme, l'influence constante des adaptions à l'écran (la première série avec George Reeves,  le grand classique de Richard Donner, la série Loïs & Clark) et l'impact des différentes « Crisis ». Clair, puissant et classieux... C'est tout notre Superman ça !

Nathanaël Bouton-Drouard






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