A GAME OF THRONES – LE TRôNE DE FER VOL.1
Etats-Unis - 2011
Image de « A Game of Thrones – Le Trône de fer Vol.1 »
Dessinateur : Tommy Patterson
Nombre de pages : 128 pages
Distributeur : Dargaud
Date de sortie : 9 novembre 2012
Bande dessinnée : note
Jaquette de « A Game of Thrones – Le Trône de fer Vol.1 »
portoflio
LE PITCH
Sur le continent de Westeros, livré à la sauvagerie des hommes et aux rivalités entre trois familles, le roi Robert Baratheon rend visite à lord Eddard Stark, seigneur de Winterfell. Les deux hommes ne se sont pas vus depuis de longues années. Le roi invite son vieil ami à le rejoindre dans le Sud, là où « tout le monde est riche, gras et ivre » et où « les femmes perdent toute modestie ». Eddar ne se sent pas le droit de quitter les siens, mais il sait qu’il est difficile de refu...
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A warm winter

Devant la recrudescence mondiale du succés des romans de George R.R. Martin depuis la diffusion de la solide série produite par HBO, il ne faut pas s'étonner que Le Trône de fer, ou A Game of Thrones en anglais, se voit adapté sous toutes les formes possibles.

 

Après les livres et la télévision, la suite logique était forcément la bande-dessinée, forme intermédiaire qui dans la pratique permet de préserver la richesse du texte tout en offrant une visualisation sans limite autre que l'imagination... ou le talent de l'artiste. Problème, l'auteur a beau célébrer le style dynamique de Tommy Patterson dans son encourageante introduction, le lecteur peine ici à retrouver le réalisme pointilleux des bouquins et d'une certaine façon l'aura cruelle de la série. Un petit temps d'adaptation-peut-etre ? Non, vraiment, rien n'y fait : trop vif, trop japonisant, trop coloré, pas assez détaillé, maltraité par une colorisation numérique pas franchement adaptée... et à l'arrivée une vision qui s'apparente bien trop à de l'Heroic Fantasy classique (voir les créatures blanches de l'ouverture), là où l'univers du romancier  se rapproche surtout d'une Sword & Sorcery, dure et froide. Celui qui semblait particulièrement à l'aise sur une licence comme Farscape, parrait le plus souvent perdre patience sous les contraintes industrielles d'une telle publication.

 

saison bis

 

Habitué à publier des adaptations de titres célèbres (Terminator 2, Battlestar Galactica et même Le Bon la brute et le truand) l'éditeur US Dynamite n'a manifestement pas donné les moyens à son comics pour évoquer la grandeur de la saga, ni le temps à son dessinateur pour fignoler ses cases et profiter d'une colorisation à la main. Un problème d'espace, tout aussi manifeste dans le travail de Daniel Abraham, déjà aux commandes des versions BD de Riverdream et Skin Trade (autres romans de R.R. Martin) qui certes s'attache consciencieusement à reprendre situations, annotations et dialogues, mais les contracte au maximum pour les redécouper sous la forme de chapitres d'une vingtaine de pages. Difficile pourtant d'en vouloir aux deux artistes qui finalement se heurtent tout simplement à la quasi-impossibilité d'interpréter un tel texte sous une forme trop concise. Ils ne peuvent s'offrir de véritables instants de contemplation, des pages uniquement vouées à imposer une atmosphère, une ambiance et la multitude de détails qui font le génie des livres. Ayant reçu un accueil assez chaleureux aux USA, la série poursuit pourtant tranquillement son cour, annonçant bien évidement de futurs albums chez Dargaud (qui d'ailleurs se fend d'une édition bien plus réussie). Si cela peut permettre de motiver ces lecteurs à se jeter sur les romans, après tout, pourquoi pas.

Nathanaël Bouton-Drouard


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