SWAMP THING T.1 : DE SèVE ET DE CENDRE
Swamp Thing #1-7 - Etats-Unis - 2011
Image de « Swamp Thing T.1 : De Sève et de cendre »
Scenariste : Scott Snyder
Nombre de pages : 168 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 26 octobre 2012
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Swamp Thing T.1 : De Sève et de cendre »
portoflio
LE PITCH
Le Dr Alec Holland était autrefois un monstre connu sous le surnom de la Créature des Marais, hantant le bayou et s’opposant à des forces surnaturelles. Aujourd’hui Alec est redevenu un humain et tente de reprendre le cours de sa vie. Malheureusement pour lui, son passé ne va pas tarder à le rattraper…
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Le retour de la créature

Personnage emblématique du label « adulte » Vertigo, la créature du marais et son alter-ego Alec Holland ont depuis le relaunch intégré l'univers classique de DC Comics. Une nouvelle série, un nouveau scénariste et un nouveau dessinateur pour une nouvelle vision puissante et iconique, entre déférence et renouvellement.

 

Scott Snyder n'est pas seulement le grand ordinateur des nouvelles aventures du Batman, ou le créateur des vampires américains. Il est également le cerveau à l'œuvre sur cette réinterprétation du personnage-culte de Swamp Thing. Une relecture qui prend racine dans les visions passées du héros, tout en regardant avec panache vers l'avenir, aussi sombre et nécrosé soit-il. Du run légendaire d'Alan Moore, John Totleben et Steve Bissette, Snyder conserve le concept identitaire de la créature, ayant découvert qu'elle n'était pas Alex Holland réincarné, et la notion de « Parlement des Arbres », figure tutélaire de la Sève composée d'anciennes créatures du marais. Des idées novatrices que le scénariste incorpore à sa narration, en faisant de Holland le héros de son histoire. Un héros en perte de repères, cherchant dans l'anonymat la solution à ses troubles d'identité. Sur un rythme lancinant, qui convient parfaitement au décor de la Louisiane, puis du désert, cette première saga fait donc office de renaissance du personnage, réintroduisant également Abigail Arcane et liant son intrigue à celle de la série Animal Man, autre transfuge de Vertigo.

 

bienvenue dans l'enfer vert

 

Bien sûr, aussi talentueux soit-il, jamais Scott Snyder n'aurait pu livrer une série de cette force sans l'aide d'un dessinateur impliqué. Et c'est nul autre que l'excellent Yanick Paquette (Batman, Incorporated, Seven Soldiers of Victory: Bulleteer) qui officie, remplacé le temps de deux épisodes par le bon Marco Rudy. En pleine possession de ses moyens, Paquette fait ici des merveilles : sa manière de dépeindre les visages des personnages, son expressionnisme foisonnant, ses compositions psychédéliques (un autre point commun avec le Animal Man de Lemire et Foreman) et ses tableaux saisissants d'une horreur organique semblant jaillir de chaque page, tout concours à la réussite d'une narration visuelle lorgnant vers l'épouvante la plus échevelée. Retranscrivant à merveille les idées les plus barrés de Scott Snyder (comme ce gamin terrifiant au pouvoir dégueulasse ou le trône de Seth composé de carcasses putrides), Paquette (et ses coloristes géniaux) donne une identité propre à cette série construite sur le long terme, s'achevant par une double page magnifique annonciatrice d'une guerre totale et forcément destructrice. La Créature du Marais est plus vivante que jamais, et la sève qui coule dans ses veines n'est pas près de se tarir.

Frédéric Wullschleger


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