OMS EN SéRIE T.1 : TERR, SAUVAGE
France - 2012
Image de « Oms en série T.1 : Terr, sauvage »
Dessinateur : Mike Hawthorne
Scenariste : Jean-David Morvan
Nombre de pages : 56 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 11 octobre 2012
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Oms en série T.1 : Terr, sauvage »
portoflio
LE PITCH
Les Oms sont des animaux : « le meilleur ami du Draag », comme le dit l’expression consacrée. Ils vivent dans de jolies niches, et lorsqu’une mère met bas, on offre le petit à une autre famille. C’est ce qu’il advient de Terr, un Om tout à fait banal… mais qui se révèle unique en son genre lorsque son collier magnétique le branche sur les ondes du casque pédagogique de sa petite maîtresse, lui ouvrant les portes de ce qu’aucun Om avant lui n’avait encore effleuré : le s...
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Ni dieux ni maitre

Deuxième album de la collection Les Univers de Stefan Wul, Oms en série est presque désormais plus connu sous le tire de son adaptation au cinéma : La Planète sauvage. C'est dire à quel point proposer une nouvelle adaptation du roman est quasi-suicidaire.

Et si le long-métrage animé de René Laloux a autant marqué les esprits, ce n'est pas forcément que pour les designs délirants et inquiétants de Topor ou sa narration en apesanteur, mais sans aucun doute parce que de tous les romans de Wul, Oms en série est le plus puissant. Le récit place dans un monde futuriste une humanité rabaissée au statut d'animal familier, de compagnon censé occuper les enfants de l'espèce dominante, les drags. En somme, les humains sont élevés et apprivoisés à l'image d'un simple hamster, que ces êtres bleus très évolués voient d'un œil paternaliste mais n'hésitent pas à éradiquer en cas d'invasion trop prononcée. Narré comme une fable tragique, le roman est à la fois un récit d'anticipation brillant et une grande réflexion sur la nature de l'espèce et la relation que l'homme entretient avec le reste du vivant. C'est là qu'intervient toute la différence entre les deux adaptations. Si la première travaillait surtout l'aspect philosophique, cultivant ainsi une étrange poésie visuelle où surnageaient discrètement les différentes thématiques de l'œuvre, Jean-David Morvan (Sillage) préfère en donner une vision beaucoup plus classique, plus frontale.

 

unleashed

 

Le contenu réflectif est donc établi dès les premières pages, les relations entre le jeune Terr et sa « maîtresse » parfaitement explicitées, tout en essayant de donner une impulsion plus rythmée à un texte contemplatif. Un peu plus d'action, un peu plus de suspense, et surtout une BD qui verse très volontiers dans la SF pure comme pour se débattre avec certaines séquences totalement psychédéliques du long-métrage. Un angle qui permet à l'illustrateur Mike Hawthorne (Hysteria, Fear Agent) de se détacher de ses univers habituels pour mettre l'énergie anguleuse de son trait au service d'un monde coloré, déstructuré, comme une sorte d'hommage aux visions qui habitaient les pages des albums de Moebius et plus généralement la revue Métal Hurlant. Extrêmement précis dans ses constructions, dans les détails des attitudes, des corps et des décors, il livre des pages visuellement époustouflantes, aux designs parfaitement pensés, et réussit à créer une empathie autant pour les petits humains que pour les géants bleus aux oreilles palmées. Un bel album, auquel on ne peut finalement que reprocher sa confrontation trop directe avec deux modèles inoubliables. Auteur solide, Morvan ébauche dans ce premier tome un respect sensible à Oms en série, mais aurait sans doute pu prendre un peu plus de distance pour réussir à s'en emparer totalement. 

Nathanaël Bouton-Drouard


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