NIOURK T1 : L’ENFANT NOIR
France - 2012
Image de « Niourk T1 : L’Enfant noir  »
Dessinateur : Olivier Vatine
Scenariste : Olivier Vatine
Nombre de pages : 56 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 11 octobre 2012
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Niourk T1 : L’Enfant noir  »
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LE PITCH
Sur une Terre post-apocalyptique où l’Humanité a régressé au stade primitif après une catastrophe nucléaire ayant asséché les océans et donné naissance à des chimères mutantes, quelques tribus survivent à l’état sauvage. Parmi elles, la horde de Thoz, où vit l’enfant noir, rejeté par les siens. Lorsque le vieux sorcier de la tribu le condamne à mort, l’enfant noir se met en marche pour Niourk, la ville des dieux, où ne subsistent que ruines et étranges mécanismes, ves...
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Avec Niourk (et dans la même foulée Oms en série), les éditions Ankama entament un projet de grande envergure : l'adaptation des œuvres complètes de Stefan Wul en Bande-dessinée. Un maître de la science-fiction française dont les fulgurances en cette fin des années 50 n'ont pas perdu de leur poésie, en particulier lorsque c'est le trop rare Olivier Vatine qui les met en images.

 

Deuxième roman de Whul, Niourk n'est certes pas aussi célèbre que L'Orphelin de Perdide ou Oms en série puisqu'il n'a pas eu les honneurs d'être adapté en film d'animation par l'honorable René Laloux. Il est pourtant celui qui résume le mieux son univers, mélange de récit classique, voire primitif, et d'une vision post-apocalyptique de l'anticipation qui se rapproche de la puissance d'évocation d'un René Barjavel (Ravage). Un récit qui reprend avec soin les codes du texte initiatique, suivant les pérégrinations d'un petit garçon noir, tout d'abord rejeté par son peuple, qui va devenir au cours de ses rencontres et de ses combats le seul espoir de l'humanité. Mais si l'aventure peut sembler en ligne droite, le roman joue pourtant avec les attentes en la déconstruisant par le biais de très courts chapitres permettant de bondir d'un évènement à l'autre, de changer de témoin et d'étoffer peu à peu un monde où l'homme à l'état sauvage cohabite difficilement avec des pieuvres géantes radioactives. De la pur SF française, à la fois lumineuse, inventive mais toujours naïves et optimiste, qu'Olivier Vatine réinvente dans ce premier tome du triptyque à venir.

 

demain

 

Co-créature d'Aquablue, dessinateur remarquable de Star Wars L'Héritier de l'Empire, Vatine fait partie de ces rares artistes français à imposer en quelques pages une patte extrêmement stylisée et surtout un sens assez grandiose de la narration. Et ce, même si c'est pour faire mumuse avec les courbes délicieuses de la peu farouche Cixi (dans le spin off Cixi de Troy). Dans Niourk il semble retrouver les paysages et la démesure qui lui vont le mieux, offrant avec son graphisme énergique, vibrant et épuré à la fois, une BD épique, mélange détonnant de space opera et de La Guerre du feu. La force des attitudes de ses personnages, leur humanité qui affleure à chaque case, leur fragilité face à la grandeur des paysages naturels ou des ruines de l'ancienne civilisation... L'artiste est maître de son trait et de ses cadrages, faisant appel à sa longue expérience de story-boarder. Rythme impeccable, cases cinématographiques, sa réalisation frôle même la pureté absolue dans les pages pleines en ouverture des chapitres, laissant entrevoir un futur de plus en plus ouvert, mais marqué par des aplats et des ombres (Vatine / Mignola même combat ou presque) menaçantes. Un très très grand premier tome, qui amène avec subtilité les futurs revirements des albums suivants. Gageons que la suite sera du même gabarit. 

Nathanaël Bouton-Drouard


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