BATMAN T.1 – LA COUR DES HIBOUX
Batman #1-7 - Etats-Unis - 2011
Image de « Batman T.1 – La Cour des hiboux »
Dessinateur : Greg Capullo
Scenariste : Scott Snyder
Nombre de pages : 176 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 8 juin 2012
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Batman T.1 – La Cour des hiboux »
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LE PITCH
Après une longue période d’absence, Bruce Wayne est de retour sous le masque de Batman, à la poursuite d’un mystérieux tueur en série aux allures de hibou, et dont la prochaine cible n’est autre que... Bruce Wayne. Plus il progresse dans son enquête, plus le Chevalier Noir rassemble d’éléments sur les motivations de son ennemi. Il découvre alors une sombre vérité mêlant la famille Wayne aux fondations troubles de Gotham City.
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Bats vs Owls

Annoncé depuis quelques mois, le relaunch global de DC Comics arrive enfin en France. Nouvel éditeur phare de la bande-dessinée américaine, Urban Comics lance l'offensive avec pas moins de quatre albums consacrés aux figures phares du DC Universe. Mais laissons de côté les aventures du Green Lantern, de Wonder Woman ou de la Justice League, pour se consacrer au héros le plus populaire qui soit, l'inévitable Batman !

 

Difficile de passer après le run mémorable de Grant Morrison consacré au justicier de Gotham. Créateur de l'excellente série American Vampires, le jeune scénariste Scott Snyder avait pourtant déjà tâté du Batman, lors de deux excellentes miniséries, l'ésotérique Gates of Gotham et l'excellent Sombre reflet, précédemment publié chez Urban Comics. Fort de cette expérience galvanisante, il attaque le très controversé relaunch de DC en se réappropriant l'univers du Chevalier Noir. Et avec quel panache ! Reprenant quelques idées lancées dans ses précédents efforts, Scott Snyder replace Bruce Wayne et la ville de Gotham au centre de son intrigue, avant de laisser son imagination débordante faire le travail. Démarrant sur une leçon d'histoire et d'architecture consacrée à Gotham City, le scénariste plonge d'emblée son héros dans une baston homérique contre ses plus célèbres ennemis. Se faisant, il ne rend pas seulement hommage à ses prédécesseurs, mais il établit les bases d'une longue saga à venir. Car cette introduction dynamique, en plus de remettre les pendules à l'heure concernant les statuts de Dick Grayson (qui fut Batman il y a peu), de Tim Drake (qui fut Robin il y a peu) et de Damian Wayne (le Robin actuel), annonce l'intrigue barrée et les délires graphiques et narratifs à venir. Et c'est bien là que le talent de Snyder, et de son dessinateur Greg Capullo, va s'exprimer avec culot. 

 

L'antre de la folie

 

S'il est un super-héros, Batman est aussi (et avant tout ?) un détective. Une qualité que l'on retrouve dans cet arc narratif, qui voit le héros parcourir sa ville à la recherche d'indices concernant une mystérieuse secte liée à l'histoire de Gotham. Une véritable enquête, que Snyder mêle à ses propres réflexions sur les légendes urbaines (la Cour des Hiboux est une comptine pour enfants) et à une volonté de pousser le Chevalier noir dans ses retranchements, aussi bien physiques que psychologiques. C'est là que le choix, à priori étrange, de Greg Capullo pour illustrer cette intrigue, prend tout son sens. Capable de retranscrire parfaitement les idées les plus folles de son scénariste, dont un Batman iconique ou absolument terrifiant, Capullo joue sur l'architecture de Gotham City et de l'esprit de Bruce Wayne, créant un labyrinthe cauchemardesque dont le sens de lecture épouse les tourments de son héros. Ne négligeant ni la baston, ni l'introspection, insistant dangereusement sur la frontière mince séparant le Batman de la folie, La cour des Hiboux déroule son implacable machination, offrant au héros phare de DC Comics une aventure mouvementée dont il ne sortira pas indemne, se terminant sur une image annonciatrice de terribles séquelles. La chasse est désormais ouverte !

Frédéric Wullschleger


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