INVINCIBLE T7 : MARS ATTAQUE !
Invincible Vol8 : My Favorite Martian - Etats-Unis - 2007
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Dessinateur : Ryan Ottley
Scenariste : Robert Kirkman
Nombre de pages : 160 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 30 mai 2012
Bande dessinnée : note
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portoflio
LE PITCH
Des super-vilains envahissent le campus de l'université d'Upstate et des Martiens se dirigent vers la Terre pour exterminer la race humaine. Le nouveau défi d'Invincible : réussir à préserver la terre et garder sa petite amie. Et sauver le monde s'avérerait peut-être bien le plus facile à réaliser...
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Boy of steel

Bizarrement Delcourt publie les épisodes de Walking Dead au « cul du camion », tandis que l'autre succès de son créateur, Invincible, accuse un retard imposant dans sa traduction. Pourtant à sa manière, cette aventure super-héroïque bien musclée ne démérite pas.

 

Particulièrement présent dans l'édition française ces derniers temps, Robert Kirkman est cependant, malgré son statut d'auteur prolifique et de nouveau magnat d'Image Comics, l'auteur remarquable de deux titres en particulier. Et si Walking Dead est une œuvre qui prend volontairement son temps, qui installe durablement sa tension à l'image d'une série TV, Invincible lui se déguste comme un blockbuster monstrueux, frénétique et survolté. Là où le survival susmentionné a été imaginé comme un hommage aux classiques de l'horreur visionnés pendant l'adolescence du bonhomme, le second répond aux comics colorés et positifs qui nourrissaient les librairies de sa jeunesse. On pense notamment aux aventures de Superman dont Invincible reprend une partie des origines et la cosmogonie, et surtout à celles de Spider-man dont il retrouve la description d'un quotidien chaotique : car oui, c'est toujours aussi dur d'être un ado doué de super-pouvoirs. Dans ce septième tome français (très en retard sur les USA), Mark Grayson doit toujours concilier ses études, ses séances de castagne, ses petits secrets et un triangle amoureux qu'il pensait régler dans les numéros précédents.

 

seul avec tous

 

Le talent d'écriture de Kirkman, son souci constant de donner une dimension humaine et une véracité à ses personnes sont toujours autant présents, mais pour le coup sont au service d'une véritable BD de super-héros devant partager son temps entre dialogues intimes et action survitaminée. De ce point de vue-là c'est tout aussi réussi, puisque seul ou avec le groupe Les Gardiens du globe, le protagoniste doit faire face à un savant fou qui transforme ses victimes en armée de robots, contrecarrer une invasion martienne et empêcher La Ligue des lézard de prendre le contrôle d'un silo nucléaire... et tout cela en seulement 150 pages ! Un véritable tour de force narratif, et un rythme qui décoiffe, mais malgré les références constantes aux grand classique du Golden Age ou du Silver Age (les parasites aliens ressemblent étrangement aux « étoiles de l'espace », ennemis jurés de la JLA), Invincible n'a rien de la BD enfantine ou naïve : les tragédies y sont nombreuses, les couples se déchirent, les pères trahissent leurs enfants, les morts sont irrévocables et les pouvoirs de certains n'excluent pas une certaine dose de gore. Surtout que le tout est toujours compensé par un humour et par les planches pêchues, colorées et incroyablement dynamiques d'un Ryan Ottley décidément de plus en plus indispensable. Alors certes, de par sa nature et sa forme, Invincible n'a sans doute pas changé l'histoire des comics, mais il n'en offre pas moins une lecture inoubliable.

Nathanaël Bouton-Drouard


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