LONE SLOANE - DELIRIUS 2
France - 2012
Image de « Lone Sloane - Delirius 2 »
Dessinateur : Philippe Druillet
Nombre de pages : 72 pages
Distributeur : Drugstore
Date de sortie : 1 février 2012
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Lone Sloane - Delirius 2 »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Lone Sloane est toujours bloqué sur Delirius la bien nommée, lieu de plaisir à l'échelle galactique. Le voyageur solitaire du cosmos est en difficulté : il a été frappé d’une flèche d'effacement par les moines fanatiques de la Rédemption Rouge. Heureusement, il est accompagné par Mali, la fille de son ami martien Yearl, qui lui rappelle qu'on compte sur lui... D'abord pour s'extraire des sous-sols miséreux de Delirius, puis pour retrouver Yearl et Lance, l'amant de Mali… Enfin po...
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Métamorphoses
1973, Philippe Druillet donne naissance via Delirius à l'aventure la plus célèbre de son super-héros cosmique, Lone Sloane.
2012, Philippe Druillet publie enfin Delirius 2, marquant le retour du même personnage sur une planète toujours aussi déjantée, mais désormais au bord de l'apocalypse.

 

Au milieu de ces quarante années de gestation (tout de même), Delirius 2 aura connu moults remous. Scénarisées par l'ami de toujours Jacques Lob (Superdupont), les première planches commencent à être crayonnées lentement mais sûrement (l'artiste à son propre rythme), mais la mort du scénariste en 1990 stoppe net ces élans créatifs. L'illutrateur tentera bien de s'y remettre au début des années 2000, dans la foulée de Chaos, en compagnie de Benjamin Legrand (Tueur de cafards avec Tardi) qui a déjà pris la descendance de Lob sur Le Transperceneige. Mais une nouvelle fois des soucis personnels l'obligent à tout mettre en stand-by. Ce ne sera finalement qu'en 2010 que Druillet retrouvera l'énergie nécessaire pour achever son manifeste, son retour aux sources chaotique. C'est que volontairement, le bonhomme n'a jamais véritablement repris le travail effectué, préférant ajouter pièce après pièce, planche après planche les jalons nécessaires à la constitution de son space-opéra délirant, peuplé naïvement comme à la grande époque de Metal Hurlant de sectes tentaculaires et obscurantistes, d'un groupe de résistants cachés dans les fondements de la cité, et d'une mégalopole entièrement dévouée aux plaisirs les plus primaires.

 

jeu de l'oie

 

Les pages s'enchaînent par conséquent avec plus ou moins de bonheur, entre de grands moments de folie créatrice (les dernières planches en pleines pages sont impressionnantes) et des passages plus hasardeux, dans lesquels les designs, déjà très particuliers, tourneraient presque au croquis moribond. Coloriste et ami, Jean-Paul Fernandez (Une Brève histoire de l'avenir) étale avec une fausse brutalité les mêmes rouges éclatants, verts pourrissants et mauves luxuriants, mais laisse clairement et volontairement apparaître toutes les imperfections de l'œuvre. Déjà très organique, le travail visuel de Druillet y trouve une certaine poésie anarchique où la perfection angulaire des structures, l'imposante construction monolithique de ses environnements écrasants ne font que souligner la fragilité des créatures vivantes et même du fameux Lone Sloane. Les lecteurs hermétiques au style Druillet ne risquent pas d'y adhérer ici, tant la démesure de Delirius 2 peut laisser pantois, d'autant que le récit saute du coq à l'âne, écrasant les personnages au passage et s'achevant sur une bataille spatiale incompréhensible. Une porte ouverte sur un autre monde, ça c'est sûr, mais la porte est parfois un peu lourde à pousser...

Nathanaël Bouton-Drouard


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