LE VAMPIRE DE BéNARèS T.2 : L’ORIGINE DU MAL
France - 2011
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Dessinateur : Georges Bess
Scenariste : Georges Bess
Nombre de pages : 48 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 28 septembre 2011
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Le Vampire de Bénarès T.2 : L’Origine du mal »
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LE PITCH
Lorsque son ami journaliste disparaît soudainement à Bénarès, en Inde, Mircéa part à sa recherche. Ce qu'il va trouver dépasse l'entendement... Son enquête le mène au cœur d'un monde hallucinant où règnent des créatures épouvantables et maléfiques, les Vampires… Au terme d'une véritable descente aux enfers, horrifié par de terribles révélations, Mircéa pourra-t-il à la fois sauver sa peau et combattre ces êtres démoniaques ?
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effluves

Vampires, encore et toujours. Mais lorsque l'illustrateur du Lama Blanc s'engage dans cette mythologie rabâchée, rien, forcément, ne reste immuable. Plongé dans les torpeurs de l'inde, les découvertes ne sont jamais innocentes.  

 

Collaborateur remarquable d'Alejandro Jodorowsky sur Le Lama Blanc et Juan Solo, George Bess partage avec le créateur de L'Incal une passion certaine et imagée pour la magie païenne et le shamanisme. Et forcément, avec Le Vampire de Bénarès, l'artiste renoue avec ses obsessions. Ainsi ce qui débuta dans le premier album, Le Bêtes de la nuit, comme une aventure policière et mystérieuse dans les ruelles inquiétantes de la mégapole indienne, oublie presque ici ses velléités narratives, pour s'échapper vers un récit horrifique délirant où la réalité se désagrège d'une case à l'autre. A l'image de cet étrange temple qui baigné dans une brume opaque et dissimule sous sa modestie un univers labyrinthique et cauchemardesque, ce petit volume d'une quarantaine de pages fait apparaître une cosmogonie fantasque. Une vision étonnante des créatures vampiriques, illustrées ici comme des immortels responsables de tous les maux de notre société humaine, se nourrissant non pas de sang, mais de la pauvreté et du malheur.

 

créateur et créatures

 

Porté par ses nouvelles créations, Bess perd en intensité et en suspens ce qu'il gagne en évocation picturale : des pages baignées de rouge et de noir, des bestioles arachnides et fascinantes, une société de dieux décadents dont les formes et les costumes semblent être un rapprochement entre les démons shintoïstes et les skeksès de Dark Crystal. Toujours aussi habile au crayon, George Bess signe là l'un de ses plus beaux albums, terriblement poétique et macabre, mais ses extrapolations métaphysiques ne lui font pas oublier pour autant de l'ancrer dans une réalité solide. Le décor indien est impeccablement reconstitué, caractérisé par une foultitude de détails crasses mais jamais misérabilistes, les attitudes de ses personnages sont criantes de vérité. La page d'ouverture, cette grande illustration des ablutions coutumières sur les rives du Gange, donne immédiatement l'impression d'assister à la scène jusque dans la sensation de moiteur. Artiste rare mais considéré comme un maître, Bess sait désormais s'offrir à chaque série, à chaque album, un terrain d'expérimentation et de liberté réjouissant. On n'attend plus que Le Cœur des ténèbres, dernier chapitre de cette trilogie, pour finir en beauté.

Nathanaël Bouton-Drouard


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