SECRET SHOW
Clive Barker’s Great and Secret Show - Etats-Unis - 2006
Image de « Secret Show »
Dessinateur : Gabriel Rodriguez
Scenariste : Chris Ryall, Clive Barker
Nombre de pages : 300 pages
Distributeur : Akileos
Date de sortie : 26 mai 2011
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Secret Show »
portoflio
LE PITCH
Randolph Jaffe est un homme sans relief employé dans un bureau de poste restant perdu dans le Nebraska. Son destin bascule quand, à la lecture de lettres «abandonnées», il découvre l’existence d une société secrète qui pratique L'Art. Désireux dans savoir plus, il fait ensuite la connaissance de l’étrange Kissoon qui lui parle d un lieu mystérieux, la Mer des rêves de Quiddité. Il s’allie ensuite avec un scientifique, Fletcher, lequel a conçu un liquide étrange qui doit per...
Partagez sur :
Lifes in pictures

Même si la lecture d'un roman peut marquer à jamais, replonger une nouvelle fois dans celui-ci refroidit souvent par le temps perdu que cela peut représenter. Comment relire Secret Show en sachant que d'autres bouquins de Clive Barker attendent encore sur l'étagère ? En se jetant sur sa très bonne adaptation en BD pardi !

 

Romancier à succès (du moins dans les pays anglo-saxons), Clive Barker a souvent connu de jolies rencontres avec le monde du comics, par exemple via les adaptations de ses Livres de sang, ou la plus étonnante anthologie Hellraiser, glauque et graphiquement passionnante. Plus complexe cependant, l'adaptation d'un roman aussi profond, surprenant et surréaliste que Secret Show paraissait largement plus risquée. Pourtant l'éditeur US, IDW Publishing, a eu la riche idée de laisser l'histoire s'étaler sur 12 fascicules (pour un pavé en France atteignant presque les 300 pages), permettant au scénariste Chris Ryall (Zombies Vs Robots Adventures, Transformers, Beowulf, Land of the Dead) de préserver l'ampleur du récit original. Certains détails passent inévitablement à l'as, les séquences les plus érotiques du roman sont légèrement édulcorées (plus une question d'autocensure en l'occurrence), mais l'esprit de l'œuvre est bel et bien présent, Ryall réussissant à citer des extrait entiers du livre sans jamais en être prisonnier.

 

the show must go on


Le scénariste s'empare ainsi à bras le corps de cette fresque métaphysique, de cette histoire improbable de magie étrange et de petite bourgade US sombrant dans le chaos, de porte vers « l'autre monde » et de descendances vouées à rattraper les erreurs de leurs ascendants (une récurrence chez Barker), sans laisser le moindre personnage sur le carreau, ni entamer la folie délirante du puissant Secret Show originel. Un pari tenu également grâce aux excellentes illustrations de Gabriel Rodriguez, que l'on a revu depuis sur le novateur Locke & Key, dont le mélange étrange entre un dynamisme graphique très « latino » et une ferveur incroyable pour donner corps aux pires créatures (vive Lovecraft) se marient à la perfection avec l'univers du maître de l'horreur. Pas évident pourtant de trouver ses aises face à la densité du script, mais Rodriguez y parvient sans mal, construisant ses planches avec élégance et un penchant déroutant pour le grotesque et le grandiose. On apprécie aussi que l'artiste ait choisi de donner au guest star de l'histoire (quelques cases), Harry D'Amour, les traits de Scott Bakula, qui l'a justement incarné dans le sublime Maître des illusions, dernière réalisation en date de Clive Barker. Un personnage mythique dans l'œuvre de ce dernier, et qui mériterait de s'offrir un retour plus remarquable dans une futur adaptation d'Everville, suite tout aussi illuminée et symbolique que Secret Show.

Nathanaël Bouton-Drouard


Partagez sur :
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020